L’enseignement et toi

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L’enseignement

« éveilL’enseignement n’est pas simplement entendre des informations, aussi claires, aussi justes, aussi vraies soient-elles.
L’enseignement c’est, les entendre puis les convertir en actes.
Vérifier ! Vérifier par une pratique juste et en reconnaitre la réalité. En faire le vrai, en faire quelque chose de vécu.

Quand l’enseignement d’une information est devenu ton vécu, alors l’enseignement est vivant. Avant, l’enseignement n’est rien. ça n’a même pas le droit d’être appeler enseignement.
L’enseignement, c’est quand ta vie est l’enseignement. « Merci », « pardon », tout ça c’est la séparation, c’est l’autre, c’est pas l’un. Rapport dominant, dominé, les trucs habituels… Disparition d’offenseur et d’offensé… Reconnaissance d’offenseur et d’offensé qui ne font qu’un.

Tout un travail pendant des années permet de prendre le risque de l’autre. Permet de prendre le risque de l’offenseur. Reconnaitre que l’offenseur et l’offensé sont là. Prendre le risque de l’autre, prendre le risque de l’univers, prendre le risque de l’instructeur… Et même quand l’amour ne s’excuse pas de t’avoir bousculé au plus profond de toi, c’est une bénédiction d’avoir été bousculé par l’amour. »

C’est par ces mots de Yvan Amar que je commencerai cet article. Au début viens les cris, les grognements. Et puis, de part cette limite verbale, surtout dans notre civilisation, dans nos villes, nous apprenons par le regard. Certains suivrons leurs oreilles ou leur nez, d’autre suivront leurs papilles ou leurs ressentis ajoutant à la vie d’autres références, d’autres plaisirs. Leur vécu sera peut être plus direct ou au contraire en face des dogmes et des limites sociales, ce sera à chaque fois la dualité, la séparation déchirante, frustrante et non reconnaissante de leur propre fonctionnement. Ainsi, né « l’homo-visualisatus ! » Celui qui apprend par les yeux et le regard absent souvent d’exaltation interne, comme un consommateur, un utilisateur.

Et puis vient le mimétisme encore emprunt de grognement, de cri, de mimiques cinétiques essayant d’attirer dans son monde l’autre, les autres qui invitent à faire, invite à se décentraliser, ainsi pour entrer dans le moule de la cellule familiale, de la cellule sociale. Ainsi prisonnier, car il n’y a pas de cellule sans prisonnier, il essaiera de créer, sous le regard de l’autorité reconnue, parfois même imposée, une décoration intérieur plus ou moins ressemblante, conventionnelle, plus ou moins « concessionnelle » qui va lui permettre d’essayer de gagner du temps pour se ramasser, pour se compléter dans l’apprentissage de lui même. Certain y arrive, d’autres se perdent en chemin appliquant comme vérité ce à quoi on les oblige à croire, ce à quoi on les séduit pour les attirer hors d’eux même.

Vient aussi l’écoute, parfois grâce au cris ou à cause des murmures amoureux ; ceci accroche peut être, à vos oreilles, car il eut été plus fluide d’entendre à cause des cris ou grâce à des murmures amoureux ; susurrés à l’oreille comme une invitation à faire parti du clan, à faire parti de la famille. Les premiers amis arrivent, avec des rires, des joies et c’est l’invitation instantané comme le bon ami du matin. Et nous essayons de faire pareil pour nous définir. C’est par le verbe que nous plongeons dans cette communication mondialement reconnue d’utilité publique, tant par les tortionnaires qui nous font dire, nous font croire à tant de rêves espérés, que par les amoureux de la vie qui nous transmettent l’essence même de leur vécu qui raisonne comme la corde pincé d’une guitare ou peut être la corde caressée par l’archer d’un violoncelle ou même la note soufflé d’une flûte qui entre en résonance avec notre instrument intérieur.

Au commencement était… la vibration et le ressenti !

Ainsi reviennent les premiers instants de notre arrivée sur terre, car c’est par cet instrument de vibrations, d’intuitions, de perceptions que nous avons essayé d’être, de vivre et de communiquer. Nous sommes mélomanes nous grandissons « visualomane ». Nous sommes issu de la vibration, du ressenti, de la perception, et nous fondons cela dans la matière avec l’expression par les mots de notre instrument filtré par notre esprit. Notre esprit non maîtrisé, altéré par les attirances irrésistibles de notre monde « civilisé ». Et nous ne sommes pas encore dans les actes. Dans l’alchimie de la création de la matière.

Ainsi les dires ne sont que des dires tant que les dires ne sont pas le vécu. Lorsque la vérité s’installe au sein du flux de ta bouche, que l’altération disparait pour n’être qu’un avec l’intérieur, c’est alors le vivant qui s’installe en toi. Ainsi je t’invite à exalter à chaque moment de ta vie, à chaque instant de vie que tu vies. Je t’invite à exalter les rencontres, les partages et les amours, car si l’on regarde un peu en profondeur, tu ne vies chaque instant qu’une seule fois.

Mais que veut dire exalter ? Tant que tu ne la pas vécu tu ne peux pas le savoir.
C’est comme se rapprocher peu à peu, par le vécu, en cherchant le mot juste et se dire: « Ce que je vis là, je crois que c’est ça l’exaltation. »

Car nous avons aussi bien, le moins, le peu, le centre, le juste, le faux, le beaucoup, le trop de la situation et ainsi nous pouvons poser l’action de la voie du milieu, de la justesse et ainsi se centrer non pas par rapport à nous ou par comment le mot nous a été donné et ce que nous pouvons tolérer par le jugement de notre esprit, mais bien par la justesse de l’instant, de l’évènement, de la situation au sein duquel notre instrument raisonne, vibre et joue notre symphonie.

Ainsi pour se comprendre et comprendre l’enseignement, il n ‘est de cesse de pratiquer, de vérifier, de tester, de regarder, de voir, de mettre en situation dans le respect de soi même et des autres. Chaque instant qui passe recèle l’enseignement. C’est lorsque nous apercevons le dénouement, lorsque nous sentons la vibration de l’instant, de la situation et ce qu’elle veut raisonner en nous, que l’enseignement prend tout son sens et devient vivant.

Soies tes oreilles, soies ta bouche, soies ta langue. Soies ton touché, tes perceptions et tes intuitions. Soies ton nez et ton instrument et, ainsi tu seras l’enseignement, tu seras toi dans ta totalité.

Hervé